PAC à 1 € en 2025 : mythe, réalité passée… et risques actuels
La promesse d’une pompe à chaleur (PAC) à 1 € continue de circuler en 2025, notamment par téléphone, sur Internet ou via des prospectus dans les boîtes aux lettres. Pourtant, cette offre n’est aujourd’hui plus conforme aux règles en vigueur. Elle sert surtout d’argument commercial agressif, voire de point d’entrée à de véritables arnaques.
Installer une pompe à chaleur performante coûte généralement entre 5 000 € et 20 000 € pose comprise, selon le type d’équipement (air-eau, air-air, géothermie), la puissance, la région et l’état de votre installation de chauffage. Pour faire tomber la facture à 1 €, il faudrait donc cumuler toutes les aides possibles au maximum… ce que la réglementation ne permet plus.
Pourquoi la PAC à 1 € n’est plus possible ?
Depuis 2020, l’État a mis fin de fait au dispositif permettant un reste à charge de 1 €. Une règle d’écrêtement impose désormais un reste à charge minimum de 10 % pour les ménages très modestes. Autrement dit, même avec toutes les aides cumulées, vous devez payer au moins une partie des travaux.
Résultat : toute promesse de pompe à chaleur à 1 € en 2025 doit être considérée avec la plus grande méfiance. Soit l’offre est basée sur des informations mensongères, soit elle cache un montage financier ou contractuel désavantageux pour le consommateur.
Retour en arrière : la pompe à chaleur à 1 € a-t-elle vraiment existé ?
Entre 2018 et début 2020, certaines conditions réunies permettaient effectivement à des ménages aux revenus très modestes d’obtenir une pompe à chaleur pour 1 € symbolique. Ce n’était pas une arnaque à l’origine, mais un effet de cumul exceptionnel d’aides publiques et privées.
Les deux aides qui rendaient l’offre possible
Pour atteindre un reste à charge quasi nul, il fallait cumuler :
- Une aide de l’Anah (programme Habiter Mieux Agilité), ciblée sur les ménages modestes et très modestes, visant à remplacer un système de chauffage peu performant.
- La prime « Coup de pouce Chauffage » du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), versée par les fournisseurs d’énergie pour encourager le remplacement des vieilles chaudières.
Le montant total de ces deux aides pouvait couvrir quasiment 100 % du coût d’une pompe à chaleur air-eau d’entrée ou de milieu de gamme, d’où les offres commerciales « reste à charge 1 € ».
Conditions d’accès à la PAC à 1 € avant 2020
Tout le monde n’y avait pas droit. Il fallait notamment :
- Être propriétaire occupant d’une résidence principale de plus de 15 ans.
- Appartenir à la catégorie des ménages modestes ou très modestes, au sens des barèmes de l’Anah.
- Remplacer une chaudière au charbon, fioul ou gaz (hors condensation) par une PAC air-eau.
- Faire réaliser les travaux par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Ce dispositif a permis à de nombreux foyers de sortir du fioul ou du gaz ancien, mais il a aussi attiré des entreprises peu scrupuleuses, qui ont profité de la complexité des aides pour gonfler les prix, bâcler les installations ou encaisser les subventions avant de disparaître.
2025 : comment les règles ont changé (et pourquoi la PAC à 1 € est devenue une arnaque)
Pour limiter les abus, l’État a progressivement durci les conditions d’attribution des aides, jusqu’à rendre impossible le reste à charge à 1 €.
L’écrêtement et le reste à charge minimum de 10 %
Depuis le 14 janvier 2020, un principe d’écrêtement s’applique : le total des aides publiques et privées ne peut plus dépasser un certain pourcentage du coût des travaux. Concrètement, même un ménage très modeste doit :
- Assumer un reste à charge d’au moins 10 %.
- Ne plus bénéficier d’un cumul couvrant jusqu’à 100 % du montant de la facture.
Cela ne signifie pas que la pompe à chaleur n’est plus subventionnée. Au contraire, les aides restent particulièrement élevées, notamment pour les foyers aux revenus faibles ou moyens. Mais parler de « 1 € » est désormais trompeur.
Pourquoi certaines entreprises continuent d’afficher « 1 € » ?
En 2025, l’expression « pompe à chaleur à 1 € » sert surtout :
- À accrocher l’attention dans une annonce ou un appel téléphonique.
- À masquer un crédit coûteux : des mensualités élevées sur plusieurs années avec un TAEG défavorable.
- À justifier un devis artificiellement gonflé, pour capter un maximum de subventions et empocher la différence.
- À faire signer dans l’urgence, avant que le client n’ait le temps de comparer ou de vérifier ses droits.
Résultat : de nombreux particuliers se retrouvent avec une installation mal dimensionnée, une PAC bruyante ou peu performante, des factures supérieures aux promesses initiales, voire un crédit à rembourser pour un équipement qui fonctionne mal.
4 astuces concrètes pour éviter l’arnaque de la pompe à chaleur à 1 €
Vous recevez un appel ou un démarchage autour d’une pompe à chaleur « gratuite » ou « à 1 € » ? Voici les réflexes à adopter pour protéger votre budget et votre logement.
1. Refusez tout démarchage téléphonique lié à la rénovation énergétique
Le démarchage téléphonique est désormais interdit dans le secteur de la rénovation énergétique, sauf si vous avez donné votre consentement explicite et préalable à un professionnel identifié. Tout appel non sollicité affirmant :
- « Vous avez droit à une PAC à 1 €. »
- « Nous travaillons pour l’État / l’Anah / EDF. »
- « Votre dossier doit être traité d’urgence sinon vous perdez vos aides. »
doit immédiatement vous alerter.
Si vous êtes victime de démarchage abusif, vous pouvez :
- Raccrocher sans culpabiliser : vous ne devez aucune explication à l’appelant.
- Signaler le numéro auprès de la plateforme 33700 (par SMS) ou auprès de la DGCCRF via SignalConso.
- Inscrire votre numéro sur la liste d’opposition Bloctel si ce n’est pas déjà fait.
2. Ne signez jamais dans l’urgence (et exigez des devis détaillés)
L’un des leviers des arnaques consiste à vous presser :
- « L’offre se termine ce soir. »
- « Les aides changent la semaine prochaine. »
- « Il ne reste plus de budget, il faut valider tout de suite. »
En réalité, un professionnel sérieux :
- Vous laisse le temps de comparer au moins 2 à 3 devis.
- Fournit un devis détaillé : marque et modèle de la PAC, puissance, travaux annexes (hydraulique, électricité, régulation), main-d’œuvre, mise en service, garanties.
- Explique avec précision les aides mobilisées : qui les verse, sur quelle base, et comment elles sont calculées.
Avant de signer :
- Vérifiez que le devis comporte un prix total TTC avant aides, le détail des aides estimées et le reste à charge final clairement indiqué.
- Assurez-vous de pouvoir vous rétracter dans les délais légaux si la signature a lieu à domicile.
3. Vérifiez systématiquement la qualification RGE de l’installateur
Pour bénéficier des principales aides (MaPrimeRénov’, CEE…), l’entreprise qui installe la pompe à chaleur doit être RGE pour la catégorie « Pompe à chaleur » et non pas seulement RGE dans un autre domaine (isolation, fenêtres, etc.).
Avant tout engagement :
- Rendez-vous sur l’annuaire officiel France Rénov'.
- Recherchez l’entreprise par son nom ou son SIRET.
- Vérifiez que la mention RGE est en cours de validité et qu’elle correspond bien au type de travaux envisagés.
Un professionnel qui refuse de vous communiquer son numéro SIRET, sa date d’obtention RGE, ou qui apparaît « non RGE » sur les annuaires officiels est à éviter.
4. Faites-vous accompagner par un conseiller neutre
La meilleure arme contre les arnaques reste l’information indépendante. Avant de vous lancer :
- Contactez un conseiller France Rénov' (service public gratuit) pour :
- Vérifier vos droits réels aux aides.
- Estimer un budget cohérent selon votre logement.
- Comparer vos options : PAC, rénovation globale, isolation, etc.
- Échangez avec votre banque ou un courtier avant de signer un crédit proposé par un installateur.
Un avis extérieur vous aide à repérer rapidement les promesses exagérées, les montages financiers risqués ou les devis surévalués.
Quelles aides pour une pompe à chaleur en 2025 ?
Si la PAC à 1 € a disparu, de nombreuses aides existent encore en 2025 pour réduire fortement le coût d’installation, surtout si vous remplacez un ancien système très énergivore.
1. MaPrimeRénov’
MaPrimeRénov’ est la principale aide publique pour la rénovation énergétique. Elle est versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) aux propriétaires occupants, et sous certaines conditions aux propriétaires bailleurs.
Elle dépend de :
- Vos revenus (4 catégories : MaPrimeRénov’ Bleu, Jaune, Violet, Rose).
- La nature des travaux : remplacement d’une chaudière gaz/fioul, rénovation globale, etc.
- Les performances de la PAC installée.
Pour une PAC air-eau, l’aide peut atteindre plusieurs milliers d’euros pour les ménages modestes, ce qui réduit fortement la facture finale.
2. Primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie)
Les primes CEE sont versées par les fournisseurs d’énergie (électricité, gaz, fioul, carburants…). Elles s’ajoutent à MaPrimeRénov’ et dépendent :
- Du type de travaux (remplacement d’une chaudière ancienne par une PAC).
- De la zone climatique.
- De vos revenus (bonus pour les ménages modestes).
Selon les offres des fournisseurs, la prime peut être versée par virement, par chèque ou parfois déduite directement du devis. Il est recommandé de simuler plusieurs offres CEE pour comparer les montants.
3. Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
L’éco-prêt à taux zéro permet de financer le reste à charge de vos travaux de rénovation énergétique sans payer d’intérêts. Il peut être accordé :
- Pour des bouquets de travaux (par exemple : PAC + isolation).
- Ou pour une rénovation globale atteignant un certain niveau de performance.
Le montant du prêt peut aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon le projet. C’est un levier important si votre budget de départ est limité.
4. TVA réduite et aides locales
En complément, vous pouvez bénéficier :
- D’une TVA à taux réduit (5,5 % ou 10 % selon les cas) sur la fourniture et la pose de la PAC.
- D’aides des collectivités locales : régions, départements, intercommunalités ou communes proposent parfois des subventions complémentaires.
Pour ne pas passer à côté de ces coups de pouce, renseignez-vous :
- Sur le site de votre région ou de votre métropole.
- Auprès d’un conseiller France Rénov' qui centralise les dispositifs disponibles sur votre territoire.
Combien coûte vraiment une pompe à chaleur après aides en 2025 ?
Le coût final dépend fortement de votre situation, mais on peut donner quelques ordres de grandeur.
Fourchettes de prix d’une PAC
- PAC air-eau (la plus courante en remplacement de chaudière) : entre 8 000 € et 16 000 € TTC installation comprise, selon la puissance, la complexité du chantier et la marque.
- PAC air-air (climatisation réversible) : entre 3 000 € et 10 000 € TTC selon le nombre de splits, la puissance et la configuration.
- PAC géothermique : entre 15 000 € et 25 000 € TTC, mais les aides peuvent y être plus importantes.
Exemples de reste à charge après aides (ordres de grandeur)
Pour une PAC air-eau de 12 000 € TTC :
- Ménage très modeste (revenus MaPrimeRénov’ Bleu) : aides cumulées (MaPrimeRénov’ + CEE + éventuellement aide locale) pouvant dépasser 7 000 à 8 000 €.
Reste à charge typique : 4 000 à 5 000 €, parfois moins avec l’éco-PTZ. - Ménage aux revenus intermédiaires : aides globales plus faibles, souvent 3 000 à 5 000 €.
Reste à charge typique : 7 000 à 9 000 €.
Ces chiffres ne sont que des estimations. Seule une simulation personnalisée tenant compte de votre logement, de vos revenus et des devis réels peut donner un montant fiable.
Cas pratiques : quand la pompe à chaleur reste une bonne affaire
Même sans offre à 1 €, la pompe à chaleur peut rester très intéressante sur le plan financier et écologique, surtout dans certains cas de figure.
Cas n°1 : Vous remplacez une vieille chaudière fioul
Vous habitez une maison individuelle chauffée au fioul avec :
- Une consommation annuelle élevée.
- Une chaudière de plus de 20 ans.
Dans cette situation :
- Les aides sont maximales si vos revenus sont modestes.
- Les économies sur la facture d’énergie peuvent être importantes, surtout si vous en profitez pour isoler une partie de la maison.
- Vous gagnez en confort (régulation, température stable) et en valeur patrimoniale pour votre logement.
Cas n°2 : Vous anticipez la fin du gaz ou du fioul dans votre commune
De plus en plus de territoires mettent en place des zones à faibles émissions, ou incitent à la sortie du gaz et du fioul dans le résidentiel. Installer une PAC :
- Vous prépare aux évolutions réglementaires à venir.
- Permet éventuellement d’obtenir des aides locales supplémentaires.
- Évite de devoir changer de système dans l’urgence dans quelques années.
Cas n°3 : Vous combinez PAC et rénovation globale
Remplacer uniquement le système de chauffage sans améliorer l’isolation n’est pas toujours optimal. Une rénovation globale (isolation + ventilation + chauffage) :
- Permet d’accéder à des primes plus élevées.
- Garantit un confort thermique et acoustique nettement amélioré.
- Réduit fortement les risques de surdimensionnement ou sous-dimensionnement de la PAC.
Dans ce scénario, vos factures d’énergie peuvent chuter de façon spectaculaire et votre logement gagne plusieurs classes sur le diagnostic de performance énergétique (DPE).
Comment sécuriser votre projet de pompe à chaleur en 5 étapes
Pour profiter des aides tout en évitant les pièges, vous pouvez suivre cette méthode simple :
Étape 1 : Faites un état des lieux énergétique
Commencez par :
- Analyser vos factures d’énergie (consommation annuelle en kWh).
- Vérifier l’isolation (combles, murs, planchers, fenêtres).
- Identifier votre équipement actuel (âge, puissance, type de chaudière).
Étape 2 : Contactez un conseiller neutre
Avant de prendre contact avec un installateur, rapprochez-vous d’un :
- Conseiller France Rénov' pour une première estimation des travaux prioritaires et des aides mobilisables.
Étape 3 : Obtenez plusieurs devis d’installateurs RGE
Sollicitez au minimum 2 ou 3 artisans RGE spécialisés PAC. Comparez :
- Le prix total TTC avant aides.
- La marque et le modèle proposés.
- Les performances (COP, classe énergétique).
- Les garanties (pièces, main-d’œuvre, compresseur).
Étape 4 : Montez votre dossier d’aides avant de signer définitivement
Ne commencez jamais les travaux avant :
- D’avoir déposé vos demandes d’aides (MaPrimeRénov’, CEE, aides locales).
- Reçu une confirmation écrite des montants estimés.
Certaines aides refusent le financement des travaux déjà commencés ou signés sans validation préalable.
Étape 5 : Suivez le chantier et exigez les documents de fin de travaux
À la fin du chantier, l’installateur doit vous fournir :
- La facture détaillée.
- L’attestation de conformité et de mise en service.
- Les notices de la PAC et les conditions de garantie.
- Les attestations nécessaires pour vos aides (formulaires CEE, etc.).
Ne soldez pas la facture tant que tout n’est pas complet et conforme au devis.
À retenir : la pompe à chaleur à 1 € n’existe plus, mais les bonnes affaires oui
En 2025, la pompe à chaleur à 1 € n’est plus qu’un argument marketing trompeur. En revanche :
- Les aides à la rénovation énergétique restent nombreuses et généreuses.
- Il est possible de réduire fortement votre facture de chauffage en remplaçant une vieille chaudière par une PAC performante.
- Un projet bien préparé, accompagné par des professionnels RGE et des conseillers neutres, peut être rentable et sécurisant sur le long terme.
Le bon réflexe : fuir les promesses trop belles pour être vraies, et s’appuyer sur des informations fiables et des simulations personnalisées.
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