Pompe à chaleur à 1€ en 2025 : mythe commercial ou véritable opportunité ?
La fameuse pompe à chaleur à 1€ a fait couler beaucoup d’encre. Entre offres commerciales agressives, démarchage téléphonique et changements de règles, il est devenu difficile de savoir qui peut réellement en bénéficier en 2025.
En réalité, il ne s’agit pas d’une offre "magique", mais de la combinaison optimale de plusieurs aides publiques et privées (MaPrimeRénov’, CEE, parfois aides locales), qui peuvent, dans certains cas très précis, ramener le reste à charge symbolique autour de 1€.
Dans ce guide, vous allez découvrir le profil réellement gagnant : niveaux de revenus, type de logement, ancien système de chauffage, zone climatique… afin de savoir, de manière factuelle, si vous pouvez raisonnablement viser une pompe à chaleur à 1€ en 2025.
Le principe réel de la pompe à chaleur à 1€ en 2025
Avant de parler d’éligibilité, il faut comprendre ce qui se cache derrière cette expression :
- Il n’existe pas de dispositif légal « pompe à chaleur à 1€ » : c’est un terme marketing.
- Le prix symbolique à 1€ correspond à un reste à charge quasi nul après déduction de toutes les aides.
- Les aides principales sont : MaPrimeRénov’, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), parfois des primes locales (région, département, intercommunalité) et, dans certains cas, un accompagnement par un opérateur qui avance ou complète une partie du montant.
- Ce montage financier est possible uniquement pour des profils de ménages très spécifiques, généralement les plus modestes, et dans un contexte technique favorable (ancien chauffage, type de logement, zone climatique, etc.).
Autrement dit : la pompe à chaleur à 1€ en 2025 existe parfois dans les faits, mais seulement pour un nombre limité de dossiers répondant à tous les critères.
Critères d’éligibilité en 2025 : les 4 piliers du profil gagnant
Pour qu’une pompe à chaleur puisse tomber autour de 1€ de reste à charge, quatre grands blocs de critères doivent s’aligner :
- 1. Les revenus du foyer (barèmes MaPrimeRénov’ + majorations possibles).
- 2. Le type de logement (résidence principale, âge du logement, propriétaire occupant, etc.).
- 3. L’ancien système de chauffage (fioul, gaz, électrique, charbon, etc.).
- 4. L’adéquation technique et climatique (zone géographique, isolation, type de PAC).
Si un seul de ces blocs est défavorable, vous restez éligible aux aides… mais il sera beaucoup plus difficile de descendre à 1€.
Critères de revenus : qui peut prétendre au maximum d’aides en 2025 ?
Les revenus du ménage sont le critère central. Les montants précis évoluent régulièrement, mais la logique reste la même : plus les revenus sont bas, plus les aides sont élevées.
Les catégories de revenus MaPrimeRénov'
MaPrimeRénov’ classe les foyers en plusieurs couleurs (ou profils) en fonction de leurs revenus fiscaux de référence et de la composition du ménage :
- Ménages très modestes : profil prioritaire, aides maximales.
- Ménages modestes : aides élevées mais un peu moins que les très modestes.
- Ménages intermédiaires : aides réduites.
- Ménages aisés : aides limitées ou parfois inexistantes pour certains équipements.
En pratique, le profil réellement gagnant pour viser 1€ correspond quasi systématiquement aux ménages très modestes, parfois modestes si d’autres conditions sont très favorables (aides locales, opérations coup de pouce, offres commerciales spécifiques).
Ordres de grandeur de revenus (à adapter selon votre situation)
Sans donner des chiffres figés qui changent d’une année à l’autre, on peut retenir les ordres de grandeur suivants (hors DOM, et à titre indicatif uniquement) :
- Pour une personne seule, le seuil de revenus très modestes se situe généralement dans une fourchette allant d’environ 10 000 € à 16 000 € annuels.
- Pour un couple, on monte souvent aux alentours de 20 000 € à 24 000 € annuels.
- Pour une famille avec enfants, les plafonds augmentent en fonction du nombre de personnes dans le foyer, avec quelques milliers d’euros supplémentaires par personne à charge.
Pour savoir si vous êtes concrètement très modeste, modeste, intermédiaire ou aisé, il faut :
- Consulter votre revenu fiscal de référence sur votre dernier avis d’imposition.
- Regarder le nombre de parts de votre foyer (personnes à charge comprises).
- Comparer ces données avec les plus derniers plafonds officiels MaPrimeRénov’ (mis à jour chaque année).
Conclusion revenus : si vous êtes propriétaire occupant, avec des revenus très modestes au sens de MaPrimeRénov’, vous cochez la case principale du profil gagnant.
Type de logement : quelles conditions en 2025 pour viser la PAC à 1€ ?
Le second pilier concerne le logement lui-même. Là aussi, les règles sont assez strictes.
Résidence principale et ancienneté minimale
- Le logement doit être votre résidence principale (occupée au moins 8 mois par an).
- Le bien doit avoir au minimum 15 ans d’ancienneté dans la plupart des cas pour les aides travaux (sauf programmes spécifiques).
- Vous devez être propriétaire occupant dans la majorité des montages à 1€ (les propriétaires bailleurs ont des aides, mais les montages à 1€ sont beaucoup plus rares).
Si vous êtes en location, vous ne pouvez pas directement demander une pompe à chaleur à 1€. C’est au propriétaire bailleur de monter le dossier (et son reste à charge sera rarement de 1€).
Maison individuelle vs appartement
Les offres de pompe à chaleur à 1€ concernent très majoritairement les maisons individuelles :
- En maison, on peut facilement remplacer une chaudière fioul ou gaz par une PAC air/eau.
- En appartement en copropriété, la situation est souvent plus complexe (chauffage collectif, réseaux partagés, contraintes de façade, autorisations de copropriété…).
Dans un appartement avec chauffage collectif, il est quasi impossible de viser une PAC à 1€. En revanche, dans certains cas de chauffage individuel en appartement, des projets de PAC air/air ou air/eau restent envisageables mais rarement avec un reste à charge de 1€.
Ancien système de chauffage : un critère déterminant
Le type de chauffage que vous remplacez joue un rôle majeur dans le montant des aides. Les dispositifs publics visent à encourager le remplacement des systèmes les plus polluants.
Profils particulièrement favorisés
Le profil gagnant est souvent le suivant :
- Vous utilisez actuellement une chaudière fioul (ancienne, peu performante).
- OU une chaudière gaz ancienne non condensation.
- OU un chauffage au charbon (plus rare, mais très encouragé à être remplacé).
Dans ces cas-là, les aides CEE et MaPrimeRénov’ pour l’installation d’une PAC air/eau haute performance sont particulièrement importantes.
Cas du chauffage électrique
Si votre logement est chauffé principalement par des convecteurs électriques, plusieurs points à retenir :
- Vous pouvez bénéficier d’aides pour installer une PAC air/air ou air/eau en remplacement ou en complément.
- Cependant, les montants d’aides sont en général moins élevés que pour le remplacement d’une chaudière fioul ou gaz.
- Le montage à 1€ reste possible uniquement si vos revenus sont très faibles et que le devis est particulièrement optimisé (PAC adaptée, peu de travaux annexes).
Cas du bois ou des équipements déjà performants
Si vous avez déjà un poêle à bois performant ou une chaudière récente à condensation, les aides pour passer à une PAC seront plus limitées. On ne remplace pas un système déjà considéré comme performant avec le même niveau de financement.
Zone climatique : pourquoi votre région change tout
La France est découpée en plusieurs zones climatiques (H1, H2, H3, etc.), qui influencent à la fois :
- La pertinence technique d’une pompe à chaleur (notamment air/air ou air/eau).
- Les économies d’énergie réalisables.
- Les conditions d’éligibilité et de dimensionnement imposées par les aides et les installateurs sérieux.
Zones froides vs zones tempérées
- En zone froide (H1), la pompe à chaleur doit être très bien dimensionnée, avec un coefficient de performance saisonnier (SCOP) suffisant pour être réellement intéressante. Les installateurs sérieux peuvent refuser un projet s’ils estiment que l’isolation est trop mauvaise ou que la PAC ne fonctionnera pas correctement.
- En zone tempérée (H2), la PAC est souvent plus facile à rentabiliser : températures moins extrêmes, meilleures performances annuelles.
- En zone chaude (H3), la PAC peut être particulièrement intéressante pour le rafraîchissement, mais les besoins de chauffage sont moins importants, ce qui peut réduire certaines enveloppes d’aides.
Dans un montage à 1€, les installateurs comme les financeurs privilégient généralement :
- Des logements situés dans des zones où la PAC est très pertinente techniquement.
- Des habitations avec un minimum d’isolation (pour garantir des économies réelles et un confort satisfaisant).
Exigences techniques et réglementaires pour une PAC subventionnée
Au-delà des critères de revenus et de logement, votre projet doit respecter un cadre technique et réglementaire strict pour être éligible aux aides et encore plus pour viser 1€.
Installation par un professionnel RGE
- Le professionnel qui installe votre PAC doit être labellisé RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), dans la bonne catégorie de travaux (chauffage, pompe à chaleur, etc.).
- Les aides publiques sont généralement refusées si les travaux ne sont pas réalisés par une entreprise RGE.
Performances minimales de la pompe à chaleur
La PAC doit respecter des critères de performance :
- Indice de performance saisonnière (SCOP) minimal.
- Normes européennes (par exemple EN 14511 ou équivalentes selon les équipements).
- Équipement adapté à l’usage (PAC air/eau pour chauffage central, PAC air/air pour chauffage par splits, etc.).
Un matériel bas de gamme ou inadapté peut vous faire perdre tout ou partie des aides et vous exposer à un confort médiocre ou à une surconsommation électrique.
Aides cumulables et reste à charge
Pour arriver à 1€ de reste à charge, il faut cumuler :
- MaPrimeRénov’ (montant dépendant des revenus et du type de PAC).
- Prime CEE (montant dépendant du type de chauffage remplacé, de la surface, de la zone climatique).
- Éventuellement aides locales (région, département, intercommunalité).
- Et parfois une remise commerciale ou une prise en charge partielle par un opérateur tiers (dans le cadre d’offres groupées ou de programmes spécifiques).
Le total de ces aides doit couvrir presque 100 % du coût TTC des travaux pour que le reste à charge symbolique se rapproche de 1€.
Le vrai profil gagnant pour une pompe à chaleur à 1€ en 2025
En croisant tous les critères, on obtient le profil type suivant :
Profil gagnant n°1
- Revenus : ménage classé très modeste par MaPrimeRénov’.
- Statut : propriétaire occupant.
- Logement : maison individuelle, résidence principale, construite depuis plus de 15 ans.
- Chauffage actuel : chaudière fioul ou gaz ancienne, voire charbon.
- Zone climatique : région où la PAC est techniquement pertinente (zones tempérées ou froides, avec PAC dimensionnée correctement).
- Projet : remplacement complet du système de chauffage par une PAC air/eau performante, posée par un artisan RGE.
Ce profil cumule :
- Les aides MaPrimeRénov’ maximales.
- Les primes CEE élevées (remplacement d’une chaudière fioul/gaz).
- Parfois des aides locales et des offres coup de pouce supplémentaires.
Profil gagnant n°2 (avec reste à charge faible, mais pas forcément 1€)
- Revenus : ménage modeste.
- Logement : maison individuelle principale, propriétaire occupant.
- Chauffage actuel : fioul, gaz, ou chauffage électrique.
- Zone : zone tempérée, isolation correcte.
Dans ce cas, l’offre à 1€ est moins fréquente, mais un reste à charge quelques centaines d’euros reste réaliste, surtout si des aides locales viennent compléter.
Cas concrets : vous situez-vous dans le profil gagnant ?
Cas 1 : couple retraité modeste en maison au fioul
Profil :
- Couple de retraités, revenus modestes, propriétaires de leur maison de 110 m² des années 70.
- Chauffage : vieille chaudière fioul + radiateurs eau chaude.
- Zone climatique : H1 (hiver froid), isolation moyenne (combles isolés, murs peu isolés).
Résultat probable :
- Catégorie MaPrimeRénov’ : très modeste ou modeste selon revenus.
- Gros potentiel d’aides CEE (remplacement fioul).
- MaPrimeRénov’ élevée + CEE + éventuelles aides régionales.
- Reste à charge pouvant descendre très bas, parfois proche de 1€ si le devis est bien optimisé.
Cas 2 : famille active avec chauffage électrique en région tempérée
Profil :
- Couple + 2 enfants, revenus intermédiaires.
- Maison de 95 m², chauffée par des convecteurs électriques.
- Zone H2 (climat tempéré), isolation correcte (combles et fenêtres récentes).
Résultat probable :
- Aides MaPrimeRénov’ et CEE pour une PAC air/air ou air/eau.
- Mais niveau d’aides moins élevé que pour un remplacement de fioul ou gaz.
- Reste à charge significatif : plusieurs milliers d’euros le plus souvent, difficilement compressible à 1€.
Cas 3 : propriétaire bailleur d’un appartement en ville
Profil :
- Propriétaire bailleur d’un T3 en copropriété, chauffage collectif gaz.
- Souhait de passer à une PAC.
Résultat probable :
- Projet complexe (copropriété, chauffage collectif).
- Aides possibles dans le cadre d’un projet global de copropriété, mais pas dans la logique "PAC à 1€" individuelle.
- Reste à charge généralement conséquent.
Les limites du dispositif : attention aux fausses promesses
Le succès médiatique de la "PAC à 1€" a aussi entraîné son lot de démarchages abusifs et de promesses exagérées.
Signaux d’alerte à surveiller
- Promesse d’une PAC à 1€ garantie pour tous, sans poser de questions sur vos revenus ou votre logement.
- Pression pour signer dans la journée ou communiquer vos documents fiscaux immédiatement.
- Entreprise introuvable en ligne, sans avis clients vérifiables ou sans mention RGE.
- Contrats flous, prix de départ gonflés pour donner l’illusion d’une énorme remise.
Un vrai professionnel sérieux commencera toujours par :
- Analyser vos revenus, votre logement et votre système actuel.
- Faire une visite technique sur place.
- Vous fournir un devis détaillé (PAC, accessoires, mise en service, dépose de l’ancien système, etc.).
- Vérifier l’éligibilité aux aides avant de s’engager sur un reste à charge.
Comment vérifier rapidement votre éligibilité en 2025 ?
Pour savoir si vous êtes proche du profil gagnant, vous pouvez suivre ces étapes :
Étape 1 : vérifier vos revenus
- Récupérez votre dernier avis d’imposition.
- Notez votre revenu fiscal de référence et le nombre de parts.
- Comparez-les aux plafonds MaPrimeRénov’ de l’année en cours (site officiel de l’Anah ou France Rénov’).
Étape 2 : lister les caractéristiques de votre logement
- Type de bien : maison individuelle ou appartement.
- Année de construction (approximative si besoin).
- Usage : résidence principale ou secondaire.
- Type de chauffage actuel (fioul, gaz, électrique, bois…).
Étape 3 : contacter un interlocuteur fiable
- Un conseiller France Rénov’ (service public gratuit).
- Un artisan RGE recommandé localement, avec des avis clients récents.
- Éventuellement un opérateur d’accompagnement spécialisé en montage de dossiers d’aides.
Demandez systématiquement :
- Une estimation du montant de chaque aide (MaPrimeRénov’, CEE, aides locales).
- Une simulation de reste à charge écrite, avant toute signature.
Résumé : êtes-vous dans le profil gagnant pour une PAC à 1€ en 2025 ?
Pour récapituler, vous avez une chance réaliste de vous rapprocher d’une pompe à chaleur à 1€ si :
- Vous êtes propriétaire occupant de votre résidence principale en maison individuelle.
- Votre logement a plus de 15 ans.
- Vos revenus vous classent dans les ménages très modestes (voire modestes dans certains cas).
- Vous remplacez un ancien chauffage fioul, gaz ou charbon.
- Vous êtes dans une zone climatique favorable à la PAC, avec une isolation minimum.
- Vous faites appel à un installateur RGE sérieux, qui optimise le cumul des aides.
Si un ou plusieurs de ces points ne sont pas remplis, vous pouvez malgré tout bénéficier d’aides importantes, mais il est plus réaliste d’anticiper un reste à charge de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros plutôt qu’1€.
L’essentiel est de partir des chiffres réels (devis, aides confirmées) et non des slogans, afin de faire un choix éclairé et rentable pour votre confort et votre budget sur le long terme.
Vérifiez votre profil pour une pompe à chaleur à 1€ (ou presque)
Rassemblez vos quelques informations clés (revenus, type de logement, chauffage actuel) et obtenez une estimation réaliste de votre reste à charge pour une pompe à chaleur en 2025, sans engagement.